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Une histoire vraie

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L’histoire dans laquelle s’ancre la narration des « Mémoires courtes » est basée sur des faits réels, historiquement documentés. L’enquête a été menée en Hongrie et en France par Elisabeth de 2011 à 2015. Dans ses recherches, elle a travaillé avec la journaliste Hélène Bienvenu et l’historien Gergely Fejérdy. Ce dernier, consultant historique de projet, a rédigé ces deux notes contextuelles : le contexte historique et le parcours de vie de Thomas Rull, reconstitué d’après un dossier de près de 2000 pages établi dans les années 50 par  l’ancienne police secrète hongroise communiste, l’AVH, et conservées  et restitué aujourd’hui par l’ABTL à Budapest. Cest ce dossier qui constitue, avec les dossiers français de l’OFPRA, la base du scénario du long métrage de fiction « Tamas », du jeu en VR « Le bureau » et de l’exposition.

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Le contexte historique 
Par Gergely Fejerdy, historien

Les deux systèmes totalitaires qui ont marqué l’histoire de l’Europe du XXème siècle ont laissé une trace indélébile dans le passé du Vieux Continent. Pour pouvoir tourner la page de ce lourd héritage, il est important de l’analyser à tous les niveaux. Or, plus de 20 ans après la chute du Mur de Berlin, il reste encore beaucoup de taches blanches dans l’histoire contemporaine. Dans ce contexte, à travers l’histoire d’une famille, le projet « Les mémoires courtes » contribue à la meilleure connaissance de cette époque et souhaiterait attirer l’attention sur un itinéraire de vie qui pour être particulier, reflète aussi le sort de beaucoup. « Les mémoires courtes » pourrait être ainsi un point d’appui pour les recherches historiques d’avenir.

A partir de 1944, les pays se trouvant du côté est de l’Europe sont passés sans transition de la tutelle de l’Allemagne dirigée par Hitler au contrôle de l’URSS stalinienne. Etant donné ses conditions géopolitiques, la Hongrie a été particulièrement touchée par ce changement, qui a causé plusieurs dizaines de milliers de victimes, un fort déplacement de population ainsi que d’importants dommages matériels, et qui n’a été suivi par aucun redémarrage réel. Les pays occupés par l’Armée Rouge, malgré beaucoup de mesures en trompe-l’œil (telles que l’institution d’une Assemblée nationale provisoire, ou l’organisation d’élections législatives), ne disposaient d’aucune indépendance. Dans les coulisses, Moscou a en réalité dès l’occupation commencé à établir, de façon autant brutale que préméditée, un système totalitaire. Le monde occidental regardait avec une crainte croissante la mise en place de ces régimes communistes qui représentaient également un danger à son égard. En 1947, les façades sont tombées et la confrontation est devenue évidente. Entre les pays de l’Europe centrale et orientale sous obédience soviétique et « le monde libre », le passage est devenu de plus en plus difficile, voire impossible. Ainsi par exemple entre l’Autriche et la Hongrie, la zone frontalière qui séparait les deux blocs, et qui a été renforcée à partir de 1949 par des fils de fer barbelé, puis en 1950 par des champs de mines de plus en plus étendus, est vraiment devenue un « rideau de fer ».

La communication entre les deux mondes s’est restreinte au strict minimum. La Guerre froide commençant, l’importance des services secrets et de l’espionnage a grandi, car la surveillance de l’ennemi et sa désorientation étaient indispensables. De ce point de vue, l’Autriche, coupée en quatre zones d’occupation et se trouvant à la frontière du bloc de l’est, a joué un rôle particulièrement important. A la fin de la Seconde Guerre mondiale plusieurs dizaines de milliers d’étrangers ont trouvé, de manière forcée ou volontaire, un accueil provisoire ou définitif dans cet Etat occupé. Parmi eux se trouvaient beaucoup de civils et militaires hongrois. Pour la plupart, ces derniers ne souhaitaient pas retourner dans leur pays. Ils se sont donc très vite organisés en formant des groupes qui étaient naturellement anticommunistes. De telles formations ont vu le jour en particulier dans les milieux militaires des réfugiés, l’une des plus connues en étant la Communauté des Combattants Hongrois (Magyar Harcosok Bajtarsi Közössége, MHBK). Ce groupe bénéficiait du soutien des forces françaises qui occupaient l’Autriche. Les services secrets de la France -Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) – s’appuyaient volontiers sur ces émigrés militaires qui sous de faux noms sont rentrés dans leur patrie pour établir un réseau d’informateurs, transmettant eux-mêmes des comptes-rendus sur la situation derrière le rideau de fer. Les autorités communistes hongroises ont réussi dans la plupart des cas, par leurs agents, à faire échouer ces tentatives. Elles ont effectué des représailles très brutales. Peu nombreux ont donc été ceux qui ont réussi à traverser cinq fois aller-retour le rideau de fer en restant sain et sauf, comme Tamas Rull. Homme d’une petite vingtaine d’années qui a perdu sa mère d’origine juive de manière tragique en 1945, et qui poursuivait parallèlement ses études en pharmacie, il n’est pas resté indifférent à la vie politique. En 1949, il a quitté à l’improviste la Hongrie où il retournera à plusieurs reprises en tant qu’espion jusqu’en 1951.Installé en France à partir de 1952, il a abandonné ses entreprises dangereuses, tout en restant au fond de son cœur engagé pour soutenir la lutte anticommuniste. Décédé en 2008, il a même pu voir l’effondrement de ce régime.

Jusqu’en 1986, les autorités de sécurité de l’Etat hongrois considéraient Tamas Rull comme dangereux et comme une personne non souhaitable en Hongrie. Dans les Archives historiques, les services de la sécurité d’Etat, l’ ÁBTL (Állambiztonsági Szolgálatok Történeti Levéltára) ont conservé près de deux mille pages à son propos. D’autres archives, sources écrites et orales, sont à disposition, et permettent de reconstituer la vie mouvementée de Tamas Rull, la biographie de celui-ci aidant à mieux comprendre les événements du XXème siècle.

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Tamas Rüll, un espion ?
Par Gergely Fejérdy , historien.

Un étudiant en pharmacie, inscrit à l’Université Péter Pázmány à Budapest en 1946, a de manière inattendue disparu de Hongrie avant la reprise des cours du deuxième semestre de février 1949. Loin d’être unique, une telle disparition était au contraire fréquente, avec l’installation définitive du régime Rákosi. Toutefois, peu nombreux étaient ceux dont la disparition a autant attiré l’attention que celle de Tamás Rüll.

Sa fuite vers l’Ouest fut particulièrement remarquée car son nom avait été retenu pour un poste à la direction de l’Alliance des associations universitaires et d’enseignement supérieur (MEFESZ). Cet organisme national, alors déjà tombé quasiment dans la main des communistes, souhaita élire Tamás Rüll en mars 1949 en tant que directeur du sous-département idéologique. Pour comble, dans une lettre du mois d’avril 1949, Tamás a fait savoir au MEFESZ qu’il était en Autriche et qu’en tant que membre d’un groupe résistant, il menait des actions contre le régime de Budapest. Avec de faux papiers, sous de fausses identités, s’étant fait pousser la moustache et portant des lunettes à l’épaisse bordure noire, il est apparu en Hongrie au début du mois de septembre 1949. Il s’est rendu de manière inopinée chez plusieurs étudiants de sa promotion, les chargeant de mission d’espionnage. La police politique hongroise a immédiatement pris en main cette affaire, mais faute de renseignements précis, elle n’a pas réussi à l’arrêter.

Les autorités de Budapest n’ont obtenu des informations sur les véritables activités de Tamás Rüll qu’après avoir pu infiltrer l’organisation émigrée hongroise nommée Association des Anciens Combattants Hongrois (MHBK), créée officiellement en 1949. L’ancien étudiant de pharmacie qui parlait bien plusieurs langues et qui paraissait avoir après 1948 fortement sympathisé avec les communistes, était en effet en lien depuis 1947 avec les émigrés hongrois antisoviétiques en Occident ainsi qu’avec les services secrets français et américains. Né à Mosonmagyaróvár, non loin de la frontière autrichienne, Tamás Rüll connaissait parfaitement la zone frontalière du rideau de fer. Il a d’ailleurs permis de faire passer clandestinement plusieurs personnes à l’ouest. Il s’est engagé dans la MEFESZ pour pouvoir informer ses contacts qui attendaient à Vienne des renseignements sur la vie universitaire hongroise, des recherches etc. En février 1949 par peur de se faire arrêter, il choisit l’émigration. La même année, il s’engage officiellement dans le groupe d’espionnage du MHBK. Dans ce cadre, il se rend clandestinement en Hongrie au moins cinq fois. Il y a créé un réseau de renseignements de plus de dix membres. Il transmettait des messages, recueillait des informations et aidait les personnes qui le souhaitaient à passer clandestinement la frontière vers l’Ouest. En 1950, Tamás Rüll était ainsi parmi les agents les plus efficaces, ce qui a été officiellement reconnu par le MHBK en 1951, alors que ses camarades étaient découverts et souvent arrêtés au cours de leurs missions. A partir de 1952, les autorités hongroises se sont intéressées de plus en plus sérieusement à sa personne. La correspondance avec son père a été interceptée et contrôlée, et les personnes qu’il avait enrôlées pour espionnage, en particulier ses anciens camarades de promotion, ainsi que les membres de sa famille, ont été strictement surveillés. Plusieurs d’entre eux ont même été arrêtés. Au printemps 1956, son père lui-même a été incarcéré. Par des interrogatoires, les autorités hongroises ont essayé de reconstituer les activités concrètes de Tamás Rüll, ainsi que ses relations personnelles et sa méthode de travail, comme par exemple sa technique qu’il utilisait pour écrire secrètement en utilisant la phénophtaléine.

Ayant l’impression d’avoir la corde au cou et voyant les changements intervenus dans le MHBK, Tamás Rüll a quitté Innsbruck et a abandonné sa vie d’agent qui lui avait permis de subventionner ses études. La bourse du Collège Free Europe qui lui a été accordée et son diplôme de pharmacien lui ont permis de commencer une sorte de nouvelle vie. A partir de l’automne 1952, il s’est installé en France où il est resté en contact avec les cercles émigrés hongrois, et où il a travaillé en tant qu’ingénieur chimiste et a fondé une famille. L’hostilité par rapport aux régimes dictatoriales ne disparaissait pas jusqu’à sa mort. Après 1952, il n’a jamais remis les pieds en Hongrie, même pas après la chute du mur. En 1986, il était encore considéré par les autorités hongroises comme une personne dangereuse.

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Les ressources historiques de documentation

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La première source de documentation sont les documents personnels ayant appartenu à Thomas Rull, retrouvés dans le bureau de l’appartement familial parisien en 2011 : plusieurs faux papiers avec des identités multiples, d’autres documents et des photographies de famille en Hongrie et en France. Les questions soulevées par cette découverte personnelle ont trouvé des réponses, parfois partielles, dans les archives de plusieurs institutions et ministères, en Hongrie, Autriche, France et Etats-Unis.

HONGRIE – Les archives de la police secrète communiste, Budapest. En juillet 2011, j’ai déposé une demande de consultation des dossiers de surveillance concernant mon père et mes grands parents. En juillet 2012, près de 2000 pages sont rassemblées et mises à ma disposition.

HONGRIE – Les archives municipales de Mosonmagyarovar. J’ai consulté ces archives dès l’été 2011, y trouvant des éléments de la vie quotidienne de mes grands parents et de mon père de son enfance, l’achat de la pharmacie familiale, recensement, etc…

FRANCE – Les archives de l’OFPRA. J’ai consulté ces archives au printemps 2012, afin de voir le contenu du dossier de demande de statut de réfugié politique de mon père. J’y lis pour la première la preuve manuscrite de son activité d’infiltration universitaire anti communiste à Budapest en 1946.

FRANCE – Les archives départementales de Strasbourg. Au printemps 2015, j’ai pu consulter dans ces archives des documents relatifs au fonctionnement du Collège de L’Europe Libre, situé au château de Pourtalès. Cet établissement, qui logeait et finançait les études de jeunes réfugiés issus des pays de l’Est, était, on le sait aujourd’hui, financé par le Free Europe Comitee, c’est à dire en partie la CIA.

 FRANCE – Les archives du ministère de l’intérieur. Je sollicite au printemps 2012 la consultation des archives du ministère de l’intérieur. Des documents conservés à la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ont été identifiés à l’été 2012.

FRANCE – Les archives du ministère des affaires étrangères. Depuis peu transférées de Colmar vers le site de la Courneuve, ce sont les archives concernant la zone française occupée à Vienne. J’y ai retrouvé, en juillet 2012, des notes de services mentionnant son nom et ses déplacements.

USA – Le fond d’archives de la CIA. Je suis en négociation depuis 2013 avec le « Freedom of Information Act »à Washington DC, afin de faire déclassifier les dossiers concernant mon père dans leurs archives.

AUTRICHE – ITS (International Tracking Service). J’ai obtenu en 2013 les dossiers « réfugié » de mon père auprès de l’ITS, basé en Autriche, qui répertorie les entrées et sorties des réfugies sur le sol autrichien entre 1945 et 1951.

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